Interview with Alain Labat: First Steps in Silicon Valley

Nous avons récemment eu l’occasion de rencontrer Alain Labat ( Vous pouvez lire son CV détaillé après l’interview) qui a notamment accompagné des entreprises françaises lors de leur développement aux Etats-Unis et qui a accepté de répondre à nos questions. Nous lui avons donc demandé comment il perçoit les entrepreneurs Français  qui s’installent dans la vallée et voir quels conseils il pourrait donner à nos futurs participants.

Aleksander: Bonjour Alain, qu’elle est la caractéristique des entreprises/entrepreneurs français qui viennent aux Etats-Unis?

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Alain Labat: Le principal problème des entreprises françaises qui s’installent dans la vallée est qu’elles pensent qu’avoir un produit à forte valeur ajoutée est une fin en soi et suffira à attirer des clients potentiels. Or, il y a souvent un manque d’adéquation, pour ne pas dire un fossé, entre la volonté de s’installer aux Etats-Unis et générer du chiffre d’affaire, et le support business (vente, stratégie/ networking) mis en œuvre pour atteindre ces objectifs. Le fait de proposer un produit à forte valeur ajoutée, parfois meilleur que ce que font les concurrents, ne dispense en aucun cas  d’ouvrir un département de ‘sales’ et de recruter les meilleurs ingénieurs pour faire du support client, etc…. Cela est coûteux mais nécessaire car venir dans la vallée suppose un certain dynamisme. Il s’agit d’avoir un niveau d’investissement (financier) suffisant pour pouvoir saisir toutes les opportunités qui se présentent.

A: Sur quoi les entreprises françaises doivent-elles se concentrer lorsqu’elles viennent dans la vallée ? 

AL: Premièrement, j’insiste sur la nécessité de recruter les bonnes personnes, c’est à dire des gens très motivés et compétents. Il ne faut surtout pas céder à la tentation d’embaucher à moindre prix.

Deuxièmement, venir dans la Silicon Valley doit avant tout faire partie d’une stratégie globale. Les entreprises sont souvent dans la vallée pour se rapprocher de leurs clients mais le principal intérêt de s’installer ici est de  faire partie d’un écosystème. Il s’agit essentiellement d’intégrer ce dernier  afin d’être proche des investisseurs (business angels, venture capital,…) d’une main d’œuvre extrêmement talentueuse (notamment des universités locales), des universités (et donc de la recherche) et enfin de ses concurrents afin de surveiller ce qu’ils font. Le but est d’avoir accès à un réseau, à des partenaires et à des experts afin de pouvoir diriger son entreprise en ayant une vision claire du marché dans lequel on se situe.

A: Vaut-t-il mieux lever des fonds en Europe ou aux USA lorsqu’on souhaite développer son business aux Etats-Unis ?

AL: Il faut bien évidemment lever des fonds pour venir aux Etats-Unis. J’ai tendance à trouver les investisseurs européens un peu trop frileux. Or il faut de l’argent au départ pour pouvoir en générer d’avantage par la suite. Il ne faut pas avoir une vision, et donc une stratégie, étriquée; il faut également être « agressif » lorsque cela est nécessaire. De manière générale, je conseille d’avoir un certain équilibre entre les investissements européens et américains. Les fonds Oseo, etc… sont très bien dans un premier temps pour se développer sur le marché Français. L’important, une fois encore, est d’avoir les fonds nécessaires pour s’entourer de la meilleure équipe possible une fois aux Etats-Unis.

A: Est-ce un mal français que ne pas vouloir céder des parts lors d’une levée de fonds ? 

AL: Cela est en effet une caractéristique de certains entrepreneurs français qui sont traditionnellement moins ouverts que les américains. Cependant, il faut comprendre que l’argent ainsi levé est absolument indispensable car la concurrence est telle qu’il faut pouvoir distribuer des equities/parts/stocks à ses employés et les payer de manière cohérente par rapport à ce qui est fait chez les concurrents. Les investisseurs poussent souvent les entrepreneurs à distribuer des equities afin qu’elles puissent créer la meilleure équipe possible. Les entreprises de la Silicon Valley recrutent traditionnellement chez leurs concurrents en leur proposant de nombreux avantages. Il existe trop de risques à ne pas distribuer des equities pour une startup : risque de rébellion, employés médiocres, etc…. Le mieux est souvent de faire appel à un chasseur de tête qui trouvera les profiles exacts que l’on recherche.

Alain J-P Labat a cofondé Harvest Management Partners en Juillet 2010. Avant cela, Alain Labat était President et CEO de VaST Systems.

Au cours de ses 25 ans de carrière, Alain a accumulé de fortes compétences dans le secteur de la haute technologie. Dans les années 80, il s’est concentré sur les opérations internationales de la division d’ingénierie des systèmes à Xerox et ensuite à Valid Logic Systems. En 1990, Alain rejoint Synopsys, Inc. où il dirigea la croissance à l’Internationale et qu’il dirigera de la levée de fonds jusqu’à son introduction en bourse en 1992. De 1998-2002, Alain a fondé et a été président et CEO de la direction de Sequence Design, fusionnant trois sociétés (Frequency, Sente, Sapphire) pour devenir Sequence. Il a été nominé dans le magazine Fortune (printemps 1999) comme étant à la tête d’une «une des entreprise les plus cool de l’année “.

Etant un partenaire à Menlo Ventures depuis 1998, Alain Labat a servi en tant que conseiller/consultant pour de nombreuses ” start-ups ” et est membre du conseil de direction chez Jasper Design Automation, Xpedion Technologies , Sequence Design et Tera Systems . En 2002, Menlo Ventures a eu recourt aux services de M. Labat afin de restructurer Tera Systems où il a assumé le rôle de président et CEO. Alain Labat est titulaire d’un diplôme de l’INSEEC de Bordeaux ainsi que d’un MBA de la Thunderbird School à Glendale, en Arizona.

By | 2014-02-11T23:59:27+00:00 February 11th, 2014|Advices, News|0 Comments

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